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Hong Kong : l’aventure prend fin…

Il est prêt de 20h lorsque nous atterrissons à Shenzen à quelques kilomètres de la péninsule de Hong Kong. Le vol a été beaucoup plus calme que prévu, excepté l’heure passée dans l’avion à Pékin afin d’attendre une piste disponible, tout a été vraiment normal. De haut, nous avons bien vu de nombreux nuages provenant d’une extrémité du typhon mais rien de plus. Au contraire, les nuages ont permis de voir un couché de soleil magnifique à travers les hublots de l’avion.

A peine arrivée, nous récupérons nos bagages et sortons de l’aéroport. Nous n’avons aucune idée de la meilleure façon pour rejoindre Hong Kong. A un comptoir, il nous est proposé un bus pour plus de 20 euros par personne. Nous sommes sûrs qu’il y a un meilleur moyen surtout plus économique (bien que nous en soyons pas sur car nous n’avons plus notre bible : notre Lonely Planet). Dehors, nous tombons sur un bus qui part pour la gare de Shenzen. Un peu de chance ! Nous montons et 40 minutes plus tard nous sommes à la gare. Nous savions qu’un train doit directement relier Shenzen à Hong Kong. Quelques minutes nous suffisent pour trouver le bon endroit, il en faut 30 de plus pour passer les nombreuses formalités : même pays mais c’est encore loin d’être facile pour un Chinois d’y entrer (la rétrocession effectuée à la fin des années 90 prévoit un quasi-statut quo du système pendant 50 ans). Pour nous, c’est plutôt facile, juste un peu de temps.
Finalement après plusieurs formulaires, deux passages en douane, un contrôle sécurité et de longs couloirs, nous arrivons du côté de Hong Kong mais ne sommes pas encore arrivés. Finalement le territoire de Hong Kong est plus grand que l’on ne croit : les nouveaux territoires s’étendent dans les terres chinoises et 30 minutes de train-métro nous sont nécessaires pour en atteindre l’extrémité. Un changement, 5 minutes de plus et nous sommes à notre arrêt final.
Sans plan, nous atteignons tant bien que mal notre destination. Première constatation : sur l’île Hong Kong, ça monte et ça descend, et même si les distances sont courtes la dénivelée peut être importante. Deuxième constatation : il fait chaud et c’est humide. Conclusion : nous arrivons en nage et pourtant il est 23h.
Rachel, une amie rencontrée à Prague, nous accueille dans son charmant petit appartement au 18ème étage. Nous papotons un peu, là aussi ça faisait plus d’un an et demi depuis notre dernière rencontre… dans un petit village de République Tchèque pour Thanksgiving. Et puis rapidement, nous nous écroulons sur le lit préparé dans le salon pour nous.
Le lendemain commence l’exploration de l’île de Hong Kong. Nous descendons entre les grattes ciels vers la baie. Impossible de voir la mer ou plutôt la baie de Hong Kong, elle est cachée par les nombreux immeubles tous plus haut les uns que les autres. Nous visitons plutôt quelques ruelles traditionnelles de Hong Kong, là où les choses n’ont pas trop changé depuis des années. Le développement économique de Hong Kong a en effet modifié grandement le paysage depuis les années 50, et aujourd’hui les grattes ciels se disputent la place avec les bâtiments un peu plus anciens. Il faut dire qu’il faut les loger les 7 millions d’habitants. Notre marche nous entraîne vers le Western Market, un bâtiment d’un autre âge en briques rouges et granit, puis vers les petites rues où s’échangent les produits traditionnels chinois : ginseng, herbes médicimales et autres curiosités : lézards séchés, « bird nests », nombreux poissons séchés. Les senteurs accompagnent ces boutiques originales. Nous traversons ensuite le quartier des antiquaires où l’on semble retrouver le résultat de pillages de nombreux temples (ou bien est-ce de très bonnes copies ?), visitons un charmant petit temple entouré d’immeuble en béton et arrivons dans le centre du quartier d’affaire. Restaurants, bars, boutiques bordent les rues. C’est agréable de s’y promener mais pas forcément bon marché. Les prix ressemblent plus à ce dont nous avons l’habitude dans nos pays que des prix chinois… Nous arrivons tout de même à trouver un petit restaurant à sushis puis à trouver des bonnes affaires textiles (histoire de refaire notre stock de vêtements, nous avons jeté au moins la moitié de ce que nous avions amenée de France). En fin d’après midi, nous trouvons finalement un passage pour voir la baie : un ferry qui nous transporte sur le continent et le quartier de Kownloon. Pour quelques cents hongkongais, la traversée nous permet d’admirer la baie entourée de gratte-ciels. Malgré tout, il est possible de voir un peu de verdure (le sommet de l’île de Hong Kong se situe à 557m et est entouré d’une forêt tropicale dense). Ainsi entre mer, forêt, montagne et buildings, le paysage est réellement impressionnant. Nous continuons à profiter de ce panorama en nous baladant sur la promenade le long de la baie qui a été aménagé en une version hongkongaise de Hollywood boulevard (excepté Bruce Lee et Jet Li, la plupart des acteurs et réalisateurs de ce petit pays fameux pour ces films d’action nous sont inconnus).
Nous terminons la journée sur Nathan Street, une rue de rêve pour les accros du shopping. Pas réellement de bonnes affaires (il est fini le temps où on trouvait des articles 50% moins cher que chez nous) mais au moins il y a du choix. On constate que le shopping, à l’instar de Singapour, est l’une des activités favorites du pays. Apparemment, Hong Kong a la plus grande densité de magasins au monde. Nous n’achetons rien mais trouvons un restaurant chinois chic et bon. Retour sur l’île de Hong Kong par ferry où nous pouvons profiter cette fois des illuminations de la baie.
Le lendemain nous poursuivons sous la chaleur la visite de l’île et après une première promenade dans la ville, nous prenons un break dans un petit parc (l’espace étant réduit à Hong Kong, il n’y a pas que les appartements qui sont de tailles réduites) puis prenons de la hauteur via un funiculaire qui nous emmène en haut de l’île. Vue somptueuse sur l’île et la baie depuis le sommet. Balade en forêt. L’après midi passe assez vite. Nous réalisons alors la taille de l’île. Contrairement à ce que l’on pense, l’île n’est pas petite, elle est juste inhospitalière avec une forme conique : les terrains plats n’existent pas d’où le terrain gagné sur la mer. La baie s’est en effet considérablement rétrécie à force de remblais…
Nous redescendons et rejoignons Rachel pour retourner à Kowloon et profiter d’un spectacle son et lumière unique où les acteurs sont les gratte-ciels de l’île de Hong Kong. La soirée se termine dans un bruyant restaurant thaï-malais.
Notre samedi démarre de manière très originale. Nous suivons Rachel qui doit aller au palais de justice pour la cérémonie officielle de son acceptation au barreau de Hong Kong (Rachel est avocate). Amusant que ce soit à Hong Kong où pour la première fois de ma vie, j’entre dans une salle de tribunal. La cérémonie très british et très traditionnel est intéressante à suivre. Les avocats senior introduisant leur poulain en essayant d’être le plus convaincant possible devant un juge qui doit accepter leur nomination mais pas de surprise, à la fin tout le monde est accepté (le concours ayant écarté les mauvais élèves)… Nous poursuivons la journée en rejoignant l’autre côté de l’île (en bus car tout de même plusieurs kilomètres) et participons avec Rachel et ses collègues à un entraînement de « Dragon Boat ». Genre de grosse pirogue pouvant accueillir près de 20 rameurs, une importante course est prévue le mercredi en huit. L’entraînement est intense mais sympathique. Nous regagnons ensuite l’énorme yacht que son cabinet d’avocats possède pour un barbecue. Je n’ai jamais eu autant d’avocats autour de moi. Nous passons une bonne après midi malgré un temps tournant de plus en plus à l’orage. Je m’essaye sans succès au white board (ski nautique mais sur un genre de planche de surf), un gros pinçon conclue cet essai.
La vie à Hong Kong semble facile : travail en semaine, et le week end de nombreuses activités possibles (principalement nautique). Les restaurants sont nombreux et diversifiés, le shopping infini. Bref un vrai paradis pour expat. Seuls le fait d’être bloqué sur un territoire de 1000km², le climat parfois un peu difficile (chaleur et humidité) et l’impression parfois d’être dans un monde un peu surfait, peu naturel et très réglementé pourraient le nuancer.
Nous concluons la journée par un peu de shopping très orienté souvenir. Oui, nous avons atteint la dernière étape et n’avons plus à transporter nos sacs sur des centaines de kilomètres, cela nous pousse plus facilement à acheter.
Malgré un temps très capricieux ce dimanche matin, nous décidons de partir de Hong Kong, direction Macao. Ancienne colonie portugaise, cette ville (le territoire est beaucoup plus petit que celui de Hong Kong) a été rétrocédée à la Chine en 1999 mais reste comme Hong Kong un territoire à statut particulier. Ainsi nous devons procéder à un passage à la frontière à la sortie de Hong Kong puis à l’entrée de Macao. Le trajet de 60km entre les 2 ports s’effectue en un peu plus d’une heure par bateau. A l’arrivée, c’est le déluge. Il pleut des cordes et nous commençons à regretter notre choix. Il est cependant trop tard pour reculer et tant bien que mal nous sortons pour trouver le bus qui nous mènera en centre-ville.
La ville fût le premier comptoir européen en Chine (1567) et aura le monopole des échanges avec l’Occident pendant plus d’un siècle. La montée en puissance de Hong Kong après la guerre de l’Opium va plonger la ville dans un déclin dont elle sort difficilement aujourd’hui. En effet seule l’industrie du jeu (les casinos sont omniprésents dans la ville), interdit à Hong Kong, ont permis à Macao de rester la tête hors de l’eau. Ce secteur représenterait 50% de l’économie.
La ville en elle-même et malgré une visite sous une pluie battante est jolie. L’architecture portugaise, les nombreuses églises baroques, les couleurs pastels, le tout influencé par la culture chinoise offrent un mélange unique des influences chinoise et latine. Nous prenons donc plaisir à arpenter les rues étroites et visiter (à chaque fois que cela était possible pour échapper à la pluie) les églises et autres bâtiments coloniaux.
Nous finissons notre visite de la ville par un joli temple en même temps que la pluie cesse. Malheureusement nous ne pouvons pas profiter de cette accalmie car notre bateau retour nous attend. Une nouvelle pluie d’orage tropicale nous attend à Hong Kong. Jenny en attrape un rhume, moi je me fais saucer et dans le même temps noie mon lecteur MP3… C’est quasiment notre plus important dégât de tout le voyage, nous sommes donc plutôt chanceux même si nous aurions pu nous passer de cet événement à 2 jours de la fin de notre périple.
Lundi 22 mai, c’est notre dernier jour. Nous ne sommes pas réellement motivés pour les visites… Nous préparons nos sacs mais notre avion n’est qu’à 23 heures. Nous passons la journée dans les marchés de Kowloon : marché aux oiseaux, marché aux poissons rouges, marché à touristes… Beaucoup de boutiques, pas grand-chose d’intéressant mais nous trouvons tout de même de quoi dépenser nos derniers dollars.
De retour à l’appartement de Rachel, nous finissons notre dernière préparation de sacs à dos (cela ne nous manquera pas). Vers 20h30, nous disons au revoir à notre hôte et quittons l’appartement pour notre dernier voyage : celui qui nous ramènera en France.
Le voyage est long mais se passe sans problème. Un peu moins de 24h plus tard, nous sommes de retour sur le sol français que nous avions quitté 8 mois plus tôt. Le grand voyage est terminé, la grande aventure de notre ré-installation en France et de notre mariage commence.



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Travel notes

One Response to “Hong Kong : l’aventure prend fin…”

  1. Raphaël Zacharie de Izarra Says:

    EN EXIL

    C’est une fois hors de l’onde que le poisson se met à aimer passionnément son élément… Voici ce que je ressens pour la France, lorsque je m’attarde trop longtemps en terre étrangère :

    +++++++

    Un ciel, une terre, un pays sont loin de mes yeux. J’ai quitté mon sol natal, un royaume de petits riens mystérieux et de grandes choses familières, et je n’entends plus aujourd’hui le chant du vent dans les herbes folles.

    Tout un monde me manque. Cette terre quittée, ce lointain pays d’origine, ce cher empire, pour vous le nommer ici permettez-moi d’y mettre un peu d’esprit et beaucoup de cœur. Ce paisible royaume, ce séjour plein de quiétude, ces rivages aux ondes sereines, c’est tout humblement la France.

    Quel expatrié pourrait sans rougir renier plus de dix jours ce pays aux mille châteaux où coulent des ruisseaux sages de vins âgés, où s’élèvent, dressés sur leurs pieds puants, des monts de fromages vifs, où des poètes ivres chantent des vers suaves et féroces ?

    Ma France, ma terre, mon berceau, mon alcôve et ma tombe, je n’ai qu’un mot pour elle : NOSTALGIE. Oui, j’ai l’honneur d’aimer la France. Nulle autre contrée ne saurait consoler mon coeur exilé, et je donnerais l’Empire State Building, et encore tous les monts de l’Olympe, pour un plateau de fromages de mon pays.

    Je déteste Paris, je hais sa triste banlieue et j’exècre encore tous ses habitants aux regards moroses. Je vomis sur la banalité et l’ennui des dimanches provinciaux aux heures molles pleines de torpeur ensoleillée. Et pourtant, qu’il est doux mon amour pour la France !

    Je vous parlerais volontiers de ces petits clochers de villages qui sonnent les heures discrètes des jours qui passent. Ou bien de ces sentiers perdus, pavés ou non, où souvent l’Histoire croise la Poésie et où se concertent muses et troubadours. Ou encore de ces chères demeures hantées par leur propre charme, habitées par les pierres elles-mêmes, lesquelles ont une âme en ce beau pays de France…

    Mais tout ceci est un secret. Un délicieux mystère commun à ses habitants. Elle est là. Vous la trouverez au bout de ma plume, à la fin de cette lettre, et mon coeur se serre. Regardez-la, écoutez-la, sentez-la, respirez-la chaque jour depuis vos fenêtres en ville, admirez-la à travers champs et chemins de campagne, c’est elle, c’est la mienne, c’est la vôtre, c’est notre FRANCE.

    Raphaël Zacharie de Izarra

  2. Raphaël Zacharie de Izarra Says:

    LE YAOURT DANS TOUS SES ETATS

    Je hais les promoteurs de yaourts.

    Ils s’ingénient à aromatiser leurs petits pots de “morve de vache” avec les idéaux les plus élevés, détournant toute raison supérieure au profil de ce qui sort du pis des bovidés. Il ne peuvent s’empêcher de convoquer les génies de la Voix Lactée ou je ne sais quels dieux des causes sacrées pour vendre leur lait caillé (qu’il soit nature ou parfumé aux fruits divers).

    Certains en appellent à l’Amour Cosmique, d’autres à quelque mystérieuse fontaine de jouvence, les pires vous jurent par tous les diables du Marketing que si vous ingurgitez leur blanche émulsion, du jour au lendemain vous deviendrez beaux, intelligents, performants, centenaires, et même fortunés… La surenchère en ce domaine semble sans limite. A en croire ces messies du ferment lactique, le moindre pot de yaourt à la fraise est une véritable coupe de sang christique ! Un enjeu essentiel pour votre avenir, votre santé, votre salut sur Terre et dans le Ciel…

    A lui seul le yaourt est un condensé explosif de toutes les attentes matérialistes du monde occidental mais aussi, comble de l’ironie, le porte-parole des prétendues valeurs spirituelles renaissantes… Avalez un pot de yaourt, “à l’intérieur” vous deviendrez aussi purs que le linge des anges baignant dans leur monde de fromage blanc !

    “A l’intérieur” : termes pour le moins ambigus qui disent bien ce qu’ils ne veulent pas dire….

    Ils font “du bien à l’intérieur”, leurs foutus yaourts… C’est bien là qu’est le problème, dans la façon de dire les choses. Ils font “du bien à l’intérieur” , manière subtile de vous embobiner sur un terrain aussi glissant que juteux. Sous un même prétexte on réveille vos fonctions digestives les plus primaires en même temps que les fonctions sacrées de votre esprit, pour le prix modique d’un pot de yaourt à renouveler quotidiennement… Le rôle du yaourt est de vous alléger les intestins, de vous purger “de l’intérieur” , de vous donner des ailes, un nouveau teint, un éclat neuf, bref de vous pourvoir d’une âme. La fibre spirituelle est sollicitée grâce aux propriétés spécifiques du fruit contenu dans les petits pots, précisément. Ajoutées aux yaourts, les fibres des fruits sondant vos viscères vous sauveront de la constipation, soyez-en certains ! De l’intestin grêle salutairement secoué, on passe directement au bien-être quasi spirituel du consommateur épanoui. Les deux outrances ainsi subtilement amenées se fondent l’une dans l’autre, comme le blanc sur le blanc, et au fond de son pot l’amateur de lait de ruminant caillé n’y voit que du bleu.

    Maudit soit le petit pot de lait de vache fermenté, hostie du pauvre type, onction du minable, breuvage pieux du mystique intestinal !

    Raphaël Zacharie de Izarra

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